L'ingrédient manquant

En cuisine, quand on se lance dans une recette, il manque souvent un ingrédient. Ou même plusieurs. Déjà, en France, c'est souvent le cas, mais depuis que j'ai déménagé en Chine, puis à Budapest, c'est quotidien. Et pas question de se laisser abattre !

22 septembre 2011

Au revoir !

Dans quelques jours, ce blog aura 2 ans. J'ai posté 62 articles, reçu 305 commentaires, obtenu une deuxième place à un concours de blog, perdu tous les concours de bento et les trucs relatifs au Japon, encombré mon disque dur avec beaucoup beaucoup de photos d'aliments, fait de chouettes connaissances de blogueuses sympathiques et énormément mangé. Malgré le fait que ma mère a menacé de me déshériter si je fermais cette page, je crois qu'il est temps pour moi de passer à autre chose. Je vais écrire pendant quelques temps encore avec ma chouette cocoteuse sur le blog de Mimi La Rage qui vous contera tous les non-événements de notre existence.

Je tiens à remercier mes commentateurs les plus assidus, Tom/Patrick/Parfum-fou en tête de liste, bien sûr, Mumu et Caillou qui ont toujours été là pour moi, Ran et KuLong pour leur enthousiasme, Ellebasy, qui est la preuve vivante qu'on peut être une femme active avec deux enfants en bas âge et quand même arriver à commenter sur les blogs, Aurelvelvet qui comme moi aime le terroir, les sensations fortes en cuisine et les produits asiatiques improbables et bien sûr, mes deux Amélie.

N'oubliez pas que les blogs se nourissent des commentaires de leurs lecteurs et qu'il est important d'exprimer ce que vous ressentez en lisant les articles pour ne pas laisser l'auteur démuni face à ses statistiques.

Ce blog restera ouvert, l'adresse mail attachée aussi ainsi que les commentaires, mais la page fan Facebook va disparaître. Et si vous êtes de passage à Budapest, ma table vous sera toujours ouverte !

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09 septembre 2011

Il ne se passe pas grand chose par ici...

...et ça risque de durer encore un moment. Il faut que je dompte mon nouveau four pour arriver à cuisiner quelque chose de potable, et il faut que j'aie le temps de cuisiner parce que mon nouveau travail est assez prenant et que je me suis lancée dans 1000 activités différentes avec l'euphorie de la rentrée, et qu'en plus je fais des infidélités à ce blog en écrivant ici depuis quelques temps (pour ceux qui croyaient que c'était vraiment mon chat qui écrivait, désolée de vous apprendre que non, je suis son nègre). Et pour ceux que ça intéresse, ma thèse avance (mais le temps passe à une vitesse plus que propportionnelle à l'avancée de la thèse).

A bientôt !

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04 août 2011

Une histoire plausible de la cuisine hongroise - des gâteaux en pagaille

Il était une fois un peuple qui vivait paisiblement dans les plaines, élevait des chevaux et dansait en rond avec des jupes à volants. A cette époque, le royaume voisin était en proie à des luttes intestines et les différentes ethnies qui le composaient se déchiraient régulièrement. L'ethnie des carottes attaquait le groupe des poireaux, tandis que les tomates haissaient les aubergines. Certaines ethnies comme les choux romanesco, les crosnes et les chayottes furent presque entièrement exterminés à cette époque. Mais un jour, après ces siècles de lutte, le royaume finit par s'unifier et devint l'Empire des légumes. Forts de cette union et de leur contenu vitaminique, les légumes devinrent béliqueux et décidèrent d'envahir leurs voisins. La Hongrie, qui était frontalière, fut la première victime de cette attaque. Les légumes défèrlèrent sur le pays, sanguinaires, violents, aromatisant tout sur leur passage. Mais près de là, en Turquie, une communauté de poivrons vivait recluse et voyant cette injuste attaque des légumes sur la Hongrie, décida de venir en aide à ce petit pays.
Les légumes furent repoussés, victoire à la Pyrrhus arrosant la terre d'épluchures et de potages vitaminés. Plus tard, domptés par certains cuisiners, il devinrent parfaitement inoffensifs et furent vendus sur les marchés, et même sous plastique en supermarché et surgelés au rayon frais. Cependant, depuis cette époque, les Hongrois n'ont de cesse de se venger. Tradition familiale et nationale, chaque Hongrois naît pour faire payer aux légumes le massacre dont leurs ancêtres ont été victimes. Les Hongrois les plus tendres, notamment les jeunes, se contentent d'ignorer parfaitement l'existence des légumes. Mais les Hongrois les plus cruels vont jusqu'à se livrer à des maltraitances graves, défigurant inlassablement ces pauvres denrées. Les fruits ne s'en sortent pas beaucoup mieux, mais sont épargnés par les tortures les plus classiques, et notamment la panure et la friture.

En revanche, le poivron est célébré chaque jour en qualité de sauveur de la patrie.

Voilà ce que m'a inspiré mon repas de midi, lorsque je me suis rendue compte que pour la première fois depuis 3 semaines, les rares légumes servis n'étaient ni frits, ni panés. Et que j'ai poussé un soupir de soulagement (je ne vous cache pas qu'ils étaient dégueu quand même). Cependant, cet article, aussi cynique qu'il puisse paraitre, n'est en réalité pas qu'une attaque en règle du déséquilibre de la cuisine hongroise, mais aussi une ode aux gâteaux, qui malgré leur contenance toujours indécente et souvent inutile en crème de qualité médiocre, sont néanmoins une des beautés de ce pays. Florilège.

 

vacs1

Dobos desszert ("le tambour"),
Crème de cacao, moelleux au chocolat, langues de chat


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Le gâteau quadruple couches de chez Kis Mandula, Debrecen

 

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Gyümölcs tórta ("gâteau aux fruits"), Kis Mandula, Debrecen

 

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Gyümölcs tórta ("gâteau aux fruits"), Kis Mandula, Debrecen


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Mignon à la crème de marron, Desszert Szalon, Vac


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Retes au pavot, Vigado Etterem, Debrecen

 

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Ördöglovas("le cavalier démonique"), Desszert Szalon, Vác
Pain d'épice, mousse de pavot, Crème anglaise à l'anis, graines de courge, mousse au chocolat noir

 


DESSZERT SZALON
2600 Vác, Köztársaság út 21. (Fő tér)

KIS MANDULA
4024 Debrecen, Liszt Ferenc utca 10.

VIGADÓ ÉTTEREM
4032 Debrecen, Nagyerdei park 1.

(et merci à Bénédicte de m'avoir emmenée à Vác manger des pâtisseries, à Roi de m'avoir fait découvrir Kis Mandula, et à Doron d'avoir commandé tout ce qe je voulais prendre en photos sur la carte)

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31 juillet 2011

La fête au village : le Mezeskalács

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Week-end tranquille à Debrecen, entre bains thermaux, restaurants, et petites soirées pluvieuses.
Et puis dimanche après-midi, festival du Mezeskalacs. Mezes, c'est le miel, et kalács, c'est le petit pain (souvenez-vous du Kürtőskalács). On traduit parfois par pain d'épice, mais disons que c'est un petit biscuit tendre au miel, souvent en forme de coeur, parfois en forme de personnages ou d'animaux. Oui, bon, un Lebkuchen un peu kitsch, quoi.

coeurs

Festival du Mezeskalács

Le Mezeskalács est presque toujours décoré d'un glaçage coloré et de messages personnels. Parfois de bon goût, parfois moins. Parfois très appétissant et raffiné. Parfois moins. On trouve souvent de petits miroirs en guise de décoration (je suppose qu'ils ne sont pas comestibles). La base est formée d'une pâte d'oeufs, de miel, de farine et de sucre.

Mezeskalacs

Un joli Mezeskalács bien décoré

 

cercles

Moules à Mezeskalács

 

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A ma grande surprise, le Mezeskalács est vraiment super bon. Un goût sucré par le glaçage, fort en miel et en épices, moelleux au centre. Idéal avec un Daarjeling ou un Earl Grey, je pense. J'imaginais que ce n'était bon qu'à regarder ou à pendre dans la cuisine mais non : ça vaut le coup de croquer dans cette oeuvre d'art !

mezes

 

(et au passage : joyeux anniversaire Maman !)

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25 juillet 2011

Les nourritures improbables : le lángos

langos

Il y a parfois des plats qui sont, en soi, extrêmement bons, mais qui ne trouvent pas grâce à mes yeux car il n'y a aucun moment de la journée où les manger. C'était le cas des cous de canard au piment en Chine, et c'est le cas en Hongrie de la soupe de fruits à la chantilly et du lángos. Tout le monde n'est pas de mon avis sur ce sujet, mais en ce qui me concerne, je suis incapable de dire quel est le moment idéal de la journée pour manger quelque chose d'aussi gras, d'aussi lourd et d'aussi peu équilibré que le lángos.

hortobagy1Sima lángos fokhagymaval

C'est ainsi qu'après un an passé en Hongrie, je réalise être passée mille fois devant des vendeurs de lángos et n'avoir jamais goûté. Honte à moi. J'ai donc profité ce week-end d'une balade dans la grande plaine hongroise, la Puszta, dans l'est, pour proposer à 3 autres personnes de partager avec moi un lángos.

Le lángos est préparé à partir d'une pâte simple à base de farine, d'eau et de levure, que l'on peut enrichir en remplaçant l'eau par de la crème ou du yaourt, et que l'on fait frire dans une grande quantité d'huile après l'avoir soigneusement étirée de manière à ce que le bord soit légèrement croustillant et le centre plus tendre. On sert le lángos nature (sima) ou recouvert de fromage rapé (sájtos lángos) et de crème fraîche aigre (tejföl). Pour encore moins de légèreté, on recouvre le lángos d'une couche de purée d'ail écrasé (fokhagyma). Record calorique au compteur, digne de figurer dans une vidéo de Epic Meal Time, ce petit en-cas peut vous nourir pour plusieurs jours (et peut-être même vous tuer, je pense).

Idéal pour survivre aux conditions climatiques redoutables de la Puszta, dont je vous laisse admirer quelques images (en revanche, pour ceux qui achètent des lángos à la plage, je ne comprends pas).

pusztala puszta, paysage typiquement hongrois

 

mangalica pélican

pontBébé mangalica, pélican, et pont aux neufs arches

 

 

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21 juillet 2011

En attendant Shikoku

Petite pause estivale pour L'Ingrédient manquant. Après deux semaines à Paris composées de pique-niques et de sympathiques restaurants, me voilà pour tout un mois logée en internat, au régime "cantine hongroise" pour un programme intensif de langue. Ne pouvant pas cuisiner avant plusieurs semaines (je ne peux même pas me faire une tasse de thé à l'internat, vous n'imaginez pas l'angoisse que cela représente), je me suis dit que j'allais sauter le pas et vous offrir un petit reportage sur la nourriture hongroise. J'y pense depuis déjà pas mal de temps, mais l'inconvénient est que j'aimerais vous donner une bonne image de la gastronomie hongroise, et il est malheureusement assez difficile de rendre la nourriture hongroise sexy, celle-ci était généralement servie en quantités gargantuesques selon une décoration minimaliste digne des cantines de notre enfance.

 

bancs patika

tonneau 1926

Debrecen

Cette démarche est aussi un avant goût de ce que je pourrais vous présenter si j'étais sélectionnée par l'association Shikoku Muchujin qui propose 4 voyages au Japon, dont deux thématiques sur la cérémonie du thé. Un peu sur-mesure pour moi, quoi. En échange de quoi je m'engagerai en tant que blogueuse à vous raconter chaque détail de mon séjour sur l'île.

En attendant les résultats, donc, voici un premier aperçu d'une spécialité hongroise-roumaine : le Kürtőskalács.

kürt

Le Kürtőskalács est une sorte de gateau roulé fait à partir d'une pâte à brioche et cuit à la broche. On en trouve sur les marchés, dans les foires, sur les plages... c'est le chichi frégi hongrois, le truc bon et sucré qu'on s'offre en sortant du cinéma ou en déambulant en ville.

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La pâte à Kürtőskalács se roule sur un moule spécial qui ressemble à un rouleau à pâtisserie avec un manche pour lui permettre de rôtir sur toutes les faces. On le trempe légèrement dans le sucre pour faire caraméliser la couche extérieure et obtenir une surface croustillante et un intérieur fondant. On le parfume ensuite en le roulant dans du sucre, de la noix de coco rapée ou du cacao dans les versions modernes (j'ai un failble pour la version au cacao, personnellement).

rouleaux

Le Kürtőskalács se déguste en marchant, à plusieurs (c'est gros) et en s'en mettant plein les doigts. Et c'est assez insipide si on le finit le lendemain ou qu'on le laisse refroidir, alors n'en laissez pas une miette !

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20 juin 2011

Mise en boite et courgettes au four

courgettes avant

avant cuisson...

Ca y est, les premiers cartons du déménagement sont faits. C'est fou tout ce que l'on peut amasser en un an (même si j'avoue être venue avec beaucoup de choses, un peu fatiguée que je suis de ne vivre que dans mes 20 kg de bagages). Il y a la montagne de cours et de photocopies amassés dans mon bureau, les cadeaux reçus pendant l'année : une intégrale de Proust en 15 volumes, une anthologie de Preljocaj (merci divine Amélie), un ours en peluche, un recueil de nouvelles de Dürenmatt en allemand, une orchidée que je n'ai pas encore tuée malgré toute mon inattention et mon incapacité à m'occuper d'une plante, et l'intégrale des oeuvres d'une écrivain poète hongro-suédoise que j'ai rencontrée cette année et dont il faudra vraiment que je vous parle.
Il y a aussi les cadeaux que je me suis fait à moi-même : quelques bons livres d'auteurs locaux, une grammaire hongroise, des genouillères pour supporter mes dérapages incontrôlés au volley ball et un peu de vaisselle japonaise achetée à Paris.
Et puis en cuisine, il y a tout ce dont je pensais initialement pouvoir me passer mais que j'ai finalement petit à petit ramené de France, parce que quand même, on vit mieux avec : ma bouilloire de cérémonie du thé et un gaiwan pour préparer le thé vert, ma rizière pour faire un riz à sushi incomparable, un cul de poule pour les préparations sucrées. Mais je m'attaquerai à l'emballage des affaires de cuisine au dernier moment, j'ai beaucoup trop peur pour l'instant.

Pour changer un peu des plats "je vide mon placard", j'ai cuisiné un méli-mélo de courgettes et tomates, mais comme je trouve toujours que les courgettes sont très longues à cuire lorsqu'on les coupe en rondelle et qu'on les intercalle avec des tomates, j'ai choisi de les couper en lamelles à l'économe avant de les mélanger aux tomates concassées et à une boule de mozarella coupée en dés avant d'arroser le tout d'huile d'olive et de thym. C'était bigrement bon.

courgettes après

après cuisson...

Je retourne à mes cartons : bon début de semaine à tous !

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17 juin 2011

Time's up : soupe de poulet au lait de coco et au gingembre

soupe

La course au vidage de placards continue. Après une attaque en règle du stock de poudre d'amande grâce à la réalisation des financiers aux asperges, mais aussi d'un sublime clafoutis aux cerises hier et de macarons aujourd'hui, j'ai fais d'une pierre trois coups ce soir en agressant à la fois un pot de pâte de piment, un gros morceau de gingembre et la dernière boite de lait de coco qui n'a pas pu profiter du temps délicieux des courges butternut.

Pour croiser tous ces paramètres, je me suis inspirée d'une recette de soupe de poulet au lait de coco et au gingembre de chez CuisineAZ.

Ingrédients
- 50 cl de lait de coco
- 3 blancs de poulets
- 3 ciboules
- jus d'un citron frais
- 1 c. à soupe d'huile
- sel, poivre

Émincer le piment. Tailler les blancs de poulet en lamelles. Rincer et émincer les ciboules. Faire chauffer l'huile dans une casserole et y mettre le gingembre et le piment à revenir une minute en remuant.
Ajouter les ciboules émincées et faire revenir 2 minutes. Verser le bouillon et le lait de coco et faire chauffer doucement en remuant régulièrement.
Aux premiers frémissements, ajouter délicatement les lamelles de poulet et poursuivre la cuisson 20 minutes sans laisser bouillir.
Au dernier moment, ajouter le jus de citron. Saler et poivrer.
Servir aussitôt décoré de basilic ou de ciboulette.

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Variantes de l'Ingrédient manquant : 

- j'ai massacré toutes les proportions pour pouvoir finir ma boite de lait de coco et utiliser le plus de gigembre et de piment possible tout en essayant de survivre. Disons que c'était... relevé (heureusement d'ailleurs car j'ai oublié de saler).
- j'ai fait sans bouillon de poulet, juste avec de l'eau. Ca manquait un peu de goût... mais j'ai mis de l'oignon à la place des ciboules, ça console.
- on n'est pas encore très proche du vrai goût des plats thailandais ou sud-est asiatique en général. Je ne saurais dire ce qu'il manque : citronnelle ? basilic ? Le goût frais qui fait fizz et geezz dans la bouche est un peu absent.
- j'ai aussi ajouté quelques shiitakés séchés à la préparation, en même temps que le poulet, sans les réhydrater au préalable. Et ça se marie super bien avec le lait de coco.

Vous ne voulez toujours pas un chat pour les vacances ?

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15 juin 2011

En attendant la fin : financier aux asperges et aux noisettes

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La fin de l'année est là, avec son lot de copies d'examen à corriger, de fêtes de classe, de pots de départs, de photos crispées. Je ne sais pas ce que je ferai à la rentrée, si ce sont là mes derniers jours d'enseignement ou pas, si je serai un pauvre hère au RSA chez ses parents ou une working woman thésarde en colocation à Budapest. Ce qui est certain, c'est que je rends mon logement de fonction dans deux semaines, que j'ai un chat sur les bras à caser pour les deux prochains mois, un déménagement à organiser, et pas mal de victuailles à terminer dans mes placards pour rendre à ma charmante et fort arrangeante propriétaire un appartement aussi étincelant qu'elle me l'a laissé.

Parmi ces victuailles, on trouve des monceaux de poudre d'amande, ramenée de France suite au constat désarmant de la rareté de cette denrée en Hongrie (avec dans l'idée du bon gros macaron au programme).

Avant de distribuer à des élèves ravies ma collection de magazines de fille amassée au fil de l'année (au moins un magazine acheté à chaque fois que je prends le train, ou l'avion, ou que je fais un trajet en voiture en France, entre autre), j'ai découpé quelques recettes intéressantes, et je suis tombée en pamoison devant cette recette de financier aux asperges et à la noisette. Moi, j'appelerais plutôt ça un tatin d'asperge, mais financier si vous voulez.

 

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Donc d'après le magazine ELLE, et edouard Loubet qui propose cette recette, il vous faut :

Ingrédients :
12 belles asperges vertes
6 pommes de terre
200 g de poudre de noisette
25 g de beurre
20 cl de lait
10 cl de crème
4 blancs d’œuf
sel, poivre


Faire bouillir 1,5 l d’eau dans une casserole. Saler bien, y plongez les asperges 2 mn, puis les égoutter et les faire refroidir dans de l’eau froide avec des glaçons. Les égouttez à nouveau, les éponger et les réserver sur un linge.
Faire cuire les pommes de terre dans de l’eau frémissante puis les égoutter et les peler. Les passer au presse-purée, y ajouter la poudre de noisette, le beurre, le lait et la crème. Mélangez, salez et poivrez. Battre les blancs d’oeuf en neige et les incorporer à la purée.
Allumer le four à 180°C (th. 6). Couper les asperges en deux et les disposer dans six cercles à tarte posés sur la plaque du four : si la queue est trop longue, couper l’extrémité et mettre ces petits bouts sur les asperges. A l’aide d’une spatule, recouvrir ensuite de purée à la noisette.
Glisser la plaque au four et laisser cuire 8 mn. Retourner les « financiers » sur six assiettes et serirz aussitôt.

Variantes de l'Ingrédient manquant : 

- mon ingrédient à utiliser absolument, c'est la poudre d'amande, donc j'ai remplacé les noisettes par des amandes. Je ne sais pas si c'est vraiment meilleur avec la noisette, parce que déjà, là, ça tabasse tout.
- ne zappez pas la petite salade qui va avec, c'est sublime. J'ai utilisé de l'huile de graine de courge à la place de l'huile de noix, c'est fort en goût, ça fait geez et feez dans la bouche, du tonnerre.
- purée à la fourchette, mais blancs d'oeufs au Kiki. N'est-ce pas cela, le luxe ?

Bref, un plat incroyable, que j'ai fait deux fois rien que pour vous (la première fois ayant abouti, suite à un démoulage périlleux du cercle à pâtisserie, à un gros carnage sur le carelage de la cuisine). Présenté soigneusement, voilà un plat parfait pour recevoir. J'aurais bien vu une belle viande rouge saignante pour accompagner ce financier (mais j'avais oublié que nous étions en Hongrie, ça n'existe pas la belle viande rouge et saignante).

Quelqu'un veut un chat pour l'été ?

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31 mai 2011

Une recette peut en cacher une autre - marbrés choco-matcha et boulettes de sardine

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Hier, je suis retournée consulter un blog que je n'avais pas lu depuis très longtemps, parce que j'avais besoin d'inspiration pour écrire un long mail à quelqu'un à qui j'ai beaucoup de choses à dire, et je savais que c'était ce ton là qu'il fallait que j'adopte.
Ce matin, en me réveillant et en réalisant que je m'étais endormie en écrivant mon mail et que j'avais passé la nuit avec mon ordinateur, je pose à nouveau les yeux sur cet article et j'entr'aperçois cette phrase : "Je ne cesse d'apprendre que l'amitié ne peut se nourrir que de goûters communs" et cela me semble plein de bon sens, comme une évidence qui fait échos à une théorie de l'amitié que j'ai développée. Je repense au week-end que je viens de passer au bord du lac Balaton, les salades d'été de L., la crème d'aubergine de B., la tarte pomme-rhubarbe de M., la palinka frelatée de G., les pâtes de C. et c'est vrai que cela semble la base de l'amitié que ce pique-nique rappatrié à l'intérieur de la maison pour cause de temps affreux, les gens qui s'interpellent pour demander à ce qu'on fasse tourner un plat, un autre qui propose encore une peu de vin rouge, à la cantonade. Et puis en relisant, je vois que ce n'est pas du tout ça qu'il fallait lire, que j'ai mal compris la phrase : "Comme je ne cesse d'apprendre que l'amitié ne peut se nourrir que de goûts communs [...] mais résulterait plutôt d'un intérêt désinteressé et d'une admiration sans rivalité." Oui, ça aussi, ça fait sens, même si je suis déçue que la théorie du goûter commun et amical ait été si éphémère.

Pour ce repas entre amis, j'avais prévu de faire un cake marbré au matcha et au chocolat blanc, un cake aux olives, et des blondies, parce que ça a toujours un succès fou et que j'ai ramené de France des kilos de purée d'amande. En fait, j'ai fait un horrible massacre avec le gâteau marbré et raté lamentablement mes bondies (ce qui ne m'arrive jamais, c'est une vraie performance). J'ai ratrappé le coup en faisant très vite des boulettes de sardine et une salade d'asperges et de haricots rouges avec des copeaux de parmesan, ce qui au final est revenu à une journée entière en cuisine pour obtenir un cake, une salade et quelques boulettes appéritives.

Le cake marbré a été une vrai déception. J'ai pris une recette chez Cute Cakes, inspirée de celle de Cléa, mais comme je voulais quelque chose de pratique à partager entre amis, j'ai voulu faire les cakes dans des moules individuels. Or les caissettes en papier étaient trop fines pour supporter la pâte, et tout a coulé, se transformant en galettes sèches et informes. De plus, je trouve que le chocolat blanc n'a presque pas de goût, le matcha est écrasé par la pâte au chocolat et le résultat est sans intérêt.

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Si malgré cela vous avez encore envie de goûter ce gâteau, il vous faut :

- 180 g de farine
- 100 g de chocolat blanc
- 100 g de beurre salé
- 120 g de sucre
- 1 cc de levure chimique
- 1,5 cc de thé matcha
- 3 oeufs

Faire fondre le beurre. Faire fondre le chocolat au bain-marie. Battre les oeufs et le sucre dans un saladier. Ajouter la farine tamisée et la levure. Ajouter  le beurre et bien mélanger.
Diviser la préparation en deux, 2/3 et 1/3. Ajoutez le chocolat fondu au premier 2/3 et le thé matcha au 1/3.
Beurrer et fariner un moule à cake et verser la moitié de la préparation au chocolat blanc. Ajouter la préparation au thé matcha et finir par le reste de préparation au chocolat. Mélanger à peine à l’aide d’un manche de cuillère.
Enfourner 50 minutes à 180°C jusqu'à ce que le cake soit bien doré. Laisser tiédir avant de démouler.

Variantes de l'Ingrédient manquant : 

- J'ai suivi la recette à la lettre, à part en ce qui concerne le moule, et j'ai bien regretté, donc.
- Il faudrait tester avec du chocolat noir plutôt que du chocolat blanc, je suis sûre que la recette gagnerait en goût.
- Prendre du beurre doux plutôt que du beurre salé me semble être une entreprise risquée car l'équilibre est excellent avec ces proportions-là.
- Je me suis abstenue de mélanger après avoir versé ma pâte pour obtenir un joli coeur de matcha, et je suis assez contente du résultat, tout au moins du point de vue esthétique.

En ce qui concerne les boulettes de sardine, j'ai évidemment trouvé la recette chez Loukoum°°° car nous partageons une passion commune pour ce petit poisson et que quand je cherche une recette pour pique-nique, je pense toujours à Beau à la louche. Ceux qui me connaissent reconnaîtront la difficulté que représente pour moi la réalisation d'une recette qui contient... du kiri (vade retro).

boulettes_sardine

Pour une dizaine de boulettes, il vous faut :

- 1 boîte de sardines à l’huile
- 3 portions de Kiri
- 1 cs de chapelure fine
- 1 cc de miel
- Un voile de piment d’Espelette
- sel, poivre
- ciboulette émincée
- thym frais

Égoutter les sardines, enlever la peau et les arêtes. Mélanger et écraser à la fourchette les sardines et le Kiri. Ajouter la chapelure, le miel, le piment, le sel et le poivre et bien mélanger pour avoir une préparation homogène. Former des boulettes dans la paume de vos mains de la taille de grosses noisettes. Rouler ensuite les billes dans un mélange de ciboulette et de thym. Réserver au frais jusqu’au dernier moment.

Variantes de l'Ingrédient manquant :

- j'ai mis du paprika (of course) à la place du piment d'Espelette, et j'avais des sardines de très mauvaise qualité (celles que j'avais achetées pour les empanadas)
- Ce plat est simplement... intransportable, à mon avis. Arrivé à destination après avoir pris le RER, le métro, fait 2h20 de train bondé puis un petit voyage en voiture, les boulettes ne ressemblaient plus à rien (j'aurais dû m'en douter...). Du coup, ça a été l'objet de beaucoup de blagues cette bouillie de sardines, surtout avec l'élégante présentation Tupperware. Mais elles ont été finies.
- j'ai utilisé du Philadelphia cheese parce que ça fait moins peur que le Kiri, mais maintenant, je ne sais pas quoi en faire, j'ai peur que ça contamine mon frigo, je pense que je vais le jeter si vous ne me donnez pas une idée de recette où on peut utiliser du Philadelphia sans en sentir le goût.
- le thym séché passe bien aussi, mais il ne faut pas que son goût écrase celui de la ciboulette.

Je n'ai pas pris de photo du cake olives-jambon, le grand classique de ma maman qui fait fureur à chaque fois, donc je vous en parlerai une autre fois. En attendant, je vais aller me préparer pour un appéritif chez C. qui a récolté tous les restes de ce week-end et peut encore nourrir un régiment.

20 mai 2011

Should I stay or should I go ? Petits aspics de légumes de printemps

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Ahh... le printemps à Budapest... (soupir d'extase). La verdure partout, les petites vieilles qui vendent des fleurs aux coins des rues, les fraises qui débordent des étalages, le soleil et les orages... Une jolie trame de fond pour accompagner la multitude de questionnements, de changements et d'états d'âme qui naissent en cette fin d'année scolaire.

Sachez d'abord que je n'écris pas beaucoup mais que je mange bien. Il y a eu la visite d'une chouette* fille de Ljubjiana avec qui j'ai mangé des bagels au saumon, des mueslis aux fraises fraîches, du figatelli, et qui m'a fait découvrir l'huile de graines de courge (ma nouvelle lubie depuis). Il y a eu dix jours de voyage en France avec mes élèves, les sandwiches au saucisson, les makroudes de la pâtisserie de Saint-Michel, les calissons. Il y a eu Pâques en famille, la poule en chocolat, les galettes bretonnes de ma maman, le poisson frais doré au four ou à la poele. Il y a eu l'anniversaire de M. où nous avons servi de cobayes (ravis) pour le menu du vin d'honneur de son mariage et où j'ai fini les crèmes d'artichaut aux magrets de canard de tous mes voisins. Il y a eu une visite à une fille très très très enceinte autour d'un tajine de canard aux pommes et de blondies aux pépites de chocolat.

Mais il faut aussi savoir qu'il y a eu un chocolat chaud infâme un jour de déprime, un thé en terrasse pour se remettre d'un entretien d'embauche annulé, des litres d'infusion de thym pour soulager le mal de gorge, et pas mal de repas improvisés avec ce qui se trouve dans les placards dans les moments où je réalise que je vais devoir bientôt déménager de mon appartement pour aller... je ne sais où.

Et avec tous ces allers-retours en France, il y a eu beaucoup de magazines de filles lus, feuilletés, froissés (parce que je m'y agrippe quand j'ai peur en avion), de tests stupides cochés par une soirée désoeuvrée (c'est ainsi que Michael a découvert qu'il était potentiellement homosexuelle...) et -car c'est là que je veux en venir- de recettes de cuisine testées.

Cette semaine, de petits aspics de légumes ont accompagné aussi bien mes bentos que mes dîners ou mes brunches. D'après Marie Claire Idées, il vous faut :

- 50 cl de bouillon de légume instantané
- 12 g de gélatine en feuilles
- 400 g de légumes vert (fèves, petits poins, haricots verts, fleurettes de brocoli...)
- un petit bouquet de cerfeuil
- 1 pincée de sel

Couvrir les feuilles de gélatine d'eau froide. Porter le bouillon à ébullition. Hors du feu, plonger les feuilles de gélatine dans le bouillon.
Cuire les légumes ensemble 5 minutes à la vapeur. Y mélanger les herbes lavées, séchées et ciselées. Répartir le mélange de légumes dans des caissettes, couvrir de bouillon gélatiné et réfrigérer plusieurs heures.

Variantes de l'Ingrédient manquant : 

- sans gélatine : j'utilise uniquement de l'agar-agar. Une fois le bouillon de légumes porté à ébullition, verser l'agar-agar dans le liquide et le faire bouillir 30 secondes minimum, plusieurs minutes si possible (4g d'agar-agar pour 1 litre d'eau environ)
- sans herbes : je n'avais pas de cerfeuil sous la main, j'ai préparé un bouillon un peu fort, et c'était très goûteux.
- sans caissettes en silicone : si vous utilisez des caissettes en papier sulfurisé, doublez les caissettes pour les rendre plus rigides. Si vous avez des caissettes à fond amovibles, vous pourrez aussi démouler les aspics (mais pas trop longtemps après les avoir réalisés)

aspics

 

Cette recette a l'avantage de pouvoir être facilement réalisée pour quelques caissettes ou une grande quantité de convives... et sans laisser de restes ;)

* après une lecture attentive de ce blog, la charmante Bénédicte m'a fait remarquer une utilisation abusive du mot "chouette" que je m'efforcerai donc de réfréner. Cependant, dans le cas d'A., ce terme s'imposait.

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18 avril 2011

Play-Doh s'invite en cuisine - des pogacsa et des cornichons

 

On est la pour parler bouffe, oui ou non ?
Bon, eh bien alors aujourd'hui, pas de recette, mais un petit voyage autour d'une spécialité culinaire hongroise : la pogacsa (prononcer [pogatcha]). J'aurais aimé accompagner cet article de quelques photos de réalisations de mes propres pogacsa, mais je n'ai pas trouvé de recette correcte, et j'attends qu'une amie hongroise me donne un cours pour vous faire part de mes conseils.

En attendant, donc, et en avant premiere, une réalisation commune des lecteurs de francais de Budapest pour un petit livret édité chaque année et dont le theme 2011 est : "trace(s), passage(s)." Un petit clin d'oeil au concours de roman-photo que j'ai lancé cette année. Merci donc a Bénédicte, Arnaud, Laetitia, Gabriel (mention spéciale pour les photos et les montages photoshop) et Michael.

Ah, et avant que vous posiez la question : oui, nous avons nous-meme découpé du poivron et joué avec de la pate a modeler ; oui, nous sommes tous des adultes ; oui c'est pour rire -et on a bien ri- et oui, si vous ne comprenez pas les références hongroises, vous pouvez poser des questions dans les commentaires pour rire avec nous.

Voila donc "Du rififi a Aszod : une nouvelle enquete du commissaire Uborka" (clic sur les images pour les agrandir) :

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Traces_passages_JD_Budapest3

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Tous nos remerciements a Carine qui nous a hébergés pendant la réalisation de cette oeuvre d'art et a ses magnifiques enfants pour avoir preté leurs jouets.

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02 avril 2011

Si j'étais Jésus, je changerais les oignons en nori (mais le monde est mal fait)

soupe

Bon, je tourne à un article par mois. Vous allez croire que je ne mange jamais et que je ne cuisine plus, ce qui est parfaitement faux. Aujourd'hui encore, j'ai dévoré une salade d'inspiration mexicaine que j'avais faite pour un chouette pique-nique sur l'île Margit avec de chouettes gens. Et puis, j'écris peu, mais je vais continuer d'écrire, car voyez vous, il est loin le moment où j'habiterai en France et où j'aurai tout plein de moules à gâteaux et de magasins d'alimentations à portée de main. Car la France ne veut pas de moi, la DGSE n'a pas voulu de moi, le Quai ne veut pas de moi, et le CCFD ne veut pas de moi. J'ai grillé toutes mes cartouches françaises, et je reste donc (volontiers, qu'on ne s'y méprenne pas) sur le sol magyar. C'est donc l'endurance que L'Ingrédient manquant va devoir apprendre.

Côté cuisine donc, il y a eu une semaine à thème "soupe à l'oignon" suite à un atelier cuisine animé à l'université qui a consisté à faire du hachis parmentier et des crèpes dans une ambiance très sympathique. Sauf que nous avons coupé des oignons tous ensemble dans la joie et la bonne humeur (sauf que j'ai pleuré comme une madeleine), si bien que nous en avons coupé 10 fois trop. Et donc je suis revenue à la maison (enfin, pas exactement, parce que cette semaine là, j'avais la chance de loger avec Mimi dans un superbe appartement cent fois trop grand pour moi mais tellement mieux que le mien et à deux pas du centre ville) avec un petit kilo d'oignons tout émincés. J'ai donc enchaîné sur une semaine thématique soupe à l'oignon, agréable manière de dire adieu aux derniers jours d'hiver avant d'accueillir le printemps.

soupe___l_oignon

Pour ma soupe à l'oignon, dont la recette vient de chez Marmiton, il faut :

- 4 gros oignons
- 50 g de beurre
- 1 cuillère à soupe d'huile
- 1 cuillère à soupe de farine
- 25 cl de vin blanc
- 1 l d'eau
- sel, poivre,
- 6 tranches de pains de mie
- 100 g de comté râpé

Emincer les oignons et les faire revenir dans de l'huile d'olive avec un peu de beurre.
Saupoudrer le mélange avec la farine, mouiller d'eau chaude et de vin blanc. Assaisonner.
Couvrir et laissez bouillonner pendant environ 20 minutes.
Faire griller des tranches de pain, les diposer dans les bols de service. Saupoudrer d'un peu de fromage râpé. Verser la soupe à hauteur, ajouter une couche de fromage et faire gratiner au four.

Variantes de l'Ingrédient manquant : 

- sans vin blanc : ben ça a moins de goût, mais c'est tout.

- sans pain de mie : ne prenez pas du pain de mie, c'est moins croustillant et c'est plus gras. Et si vous n'avez pas de pain, ça marche aussi, mais au lieu de faire un plat complet, ça ne vous fait qu'une soupe. Et c'est franchement moins bon.

- sans Comté : franchement, on peut quand même se contenter d'un fromage moins cher, parce que le Comté... (d'une y en a pas, de deux, ça coûte un bras). Donc pour moi c'était du Trappista, the fromage hongrois (y en a pas 30 en même temps).

 

Sinon, je voulais vous dire que le génie du blog a réalisé mon rêve le plus cher et Mimi La Rage a enfin compris qu'il fallait qu'elle fasse ses besoins dans sa caisse (je suppose que vous êtes ravis d'apprendre cette information). Elle était en fait claustrophobe et ne supportait pas qu'il y ait un couvercle à celle-ci. Il suffisait de demander au génie ! Il n'empêche que l'appartement est durablement imprégné par une tenace odeur d'urine que je n'arrive pas à faire partir.

Hier, lors des examens de passage du niveau B1, j'ai été jury à l'oral et sur le sujet "nature et environnement" un élève m'a présenté la théorie suivante : "Il y a deux types d'animaux : les animaux généralistes, qui peuvent habiter n'importe où, et les animaux spécialistes qui n'habitent qu'à certains endroits". J'en conclue que Mimi est une forme d'animal spécialiste qui ne peut uriner que dans certaines conditions. Princesse, va.

De mon côté, à l'occasion d'une super soirée où j'ai joué au loup garou, au times up et à faire des enquêtes policières jusqu'au petit matin, j'ai découvert qu'il y a deux sortes de maki : les makis avec nori, et les makis sans nori. Et que quand il n'y a plus de nori, faut faire sans.

maki

Les makis sans nori :

C'est vraiment à réserver aux moments d'intense dèche dans le frigo, parce que ça tient mal, ça manque de goût et ça fait vraiment cheap. Mais si comme moi, vous avez acheté du nori de très mauvaise qualité qui vous lâche bassement au moment où vous avez préparé tous vos ingrédients et que vous n'avez rien prévu d'autre pour la soirée à laquelle vous devez être dans 3/4 d'heure, eh bien ça dépanne. Et puis un jour, ça m'amènera à de vrai makis californiens énormes et trop beau (mais on n'en est pas encore là).

Pour remplacer le nori, étaler soigneusement du cellophane sur votre tapis à makis (déjà, rien que ça, c'est galère, le mec qui a inventé le cellophane est vraiment une enflure). Déposer le riz sur le cellophane comme si c'était du nori, et placer les ingrédients au centre. Rouler soigneusement le maki en tirant régulièrement sur le haut du cellophane pour qu'il s'enroule bien autour du rouleau et qu'il ne se retrouve pas coincé dedans.

makis

 

Presser encore plus fort que d'habitude, tasser bien et retirer très doucement le cellophane (là, si votre riz n'était pas du bon riz à sushi bien collant, vous obtenez un truc qui se délite et vous piquez une crise de nerf). Rouler les rouleaux dans du sésame (ils seront moins collants et plus goûteux) et découper avec d'infinies précautions.

Comme on peut le voir sur les photos, j'ai aussi, en cours de recette, été à court de carotte et à court de thon mayonnaise. Donc riz-concombre sans nori pour les derniers. Heureusement qu'il y avait du gingembre et du soja pour donner du goût !


 

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06 mars 2011

Lettre ouverte à mon bienfaiteur - des éclairs au chocolat en attendant

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Cher Génie du blog,

L'année dernière, j'ai parlé de poche à douille et de Kitchen Aid dans ces pages, et ces divines petites choses sont venues à moi à Noël.
Cette année encore, le charme de Noël a opéré quand j'ai parlé de maryse et de cul-de-poule : les pères noël ont entendu, et c'est ce que j'ai déballé sous mon sapin.
La semaine dernière, il m'a suffit de me plaindre ici de ne pas avoir de coquetiers pour trouver un coquetier parmi mes cadeaux d'anniversaire.
Une chose est donc évidente : ce blog est magique et tout ce que j'y écris se réalise. Je sais maintenant que tu existes, bon génie, et que tu réalises tous mes voeux.

Du coup, sache que :
- j'aimerais bien une table pour mon salon, histoire de pouvoir recevoir les gens dignement, et puis des jolis verre à pied dans un style ancien, un peu comme ceux vendu chez Butlers ;
- j'aimerais bien une connexion internet ADSL qui m'évite de mettre 30 minutes à charger une page et me permette de téléphoner avec skype, d'écouter la radio française et d'accéder à YouTube ;
- j'aimerais bien que la neige cesse, parce que quand même, on est en mars ;
- j'aimerais bien trouver juste en bas de chez moi dans une petite épicerie pas trop chère de la poudre d'amande, du vrai bon beurre, du colorant rose, de la levure de bière, de la purée d'amande, de la farine bio complète, du son d'avoine, du vrai jambon, et en saison, des artichauts, des épinards et des asperges ;
- j'aimerais bien une nouvelle tunique de danse, maintenant que j'ai un vrai dos et que je peux bouger ;
- j'aimerais bien un portail spatio-temporel dans mon salon pour pouvoir aller manger du pot-au-feu chez mes parents le dimanche (et de la daurade le samedi), et puis de temps en temps manger un hot pot à Pékin avec Najwa, être à l'anniversaire de Chloé et d'Amélie, aller danser avec Sebastian et Bé, écouter Jojo en concert, faire le marché avec Mumu, bruncher avec Tom, jouer avec petit Benjamin et cuisiner avec Pisey. Entre autres.
- j'aimerais bien avoir un vrai appartement, avec une bibliothèque et mes livres dedans, la possibilité d'acheter de la vaisselle sans me demander comment la déménager quelques mois après, et le droit d'accrocher des trucs aux murs ;
- j'aimerais bien avoir des journées de 40 heures, avec 12 heures consacrées au sommeil, et le reste passé à enseigner, écrire, cuisiner, danser, lire, jouer au volley ball, boire des chocolats chauds avec Bénédicte en révisant les verbes irréguliers hongrois et regarder la montagne de films offerts à mon anniversaire ;
- et puis surtout, j'aimerais bien que mon chat soit enfin propre.

Merci beaucoup bon Génie, porte-toi bien et gros bisous.

_clairs


En attendant que tout cela se réalise, j'ai fait des éclairs au chocolat pour soudoyer le jury d'un concours auquel mes élèves sont arrivés seconds (hell yeah !)
Et aussi des macarons que j'ai réussi à rater d'une façon différente de d'habitude (je m'épate moi-même).
J'ai pris ma recette habituelle de pâte à choux, mais j'ai testé une recette de crème pâtissière au chocolat de chez Pure gourmandise absolument divine. La crème est épaisse et très forte en chocolat. En revanche, attention, il faut garnir avec une douille moyenne car une douille fine ne laisse pas passer la crème épaisse.

macarons

En ce qui concerne le glaçage, évidemment, je n'ai pas trouvé de fondant blanc en pot au supermarché du coin, et pas question d'en commander sur internet pour me le faire livrer ici. J'ai sérieusement envisagé de faire mon fondant moi-même grâce à un super tutoriel, en utilisant une version sans glucose et sans thermosonde, mais comme le temps pressait, j'ai finalement opté pour la méthode simple qui consiste à faire fondre 40g de cacao non sucré et 50g de sucre en poudre dans 4 cs d'eau et à assécher à feu doux. 
La pâte obtenue n'est pas aussi brillante que du fondant, mais elle remplace bien le glaçage.

Le jury a été conquis.

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26 février 2011

Bento de Saint Valentin : le kitsch ne tue pas

 

Bento_St_valentin_1

 

Du rose, du rouge, du blanc, des cœurs et des fleurs, le kitsch n'a plus de limite, mais comme le ridicule, il ne tue pas. Alors, une fois n'est pas coutume, voici ma contribution au concours de bento de Saint Valentin organisé par Bento-Addict en partenariat avec Bento and Co.

Compartiment de gauche :
- fleurs de fromage de chèvre et rondelles de tomates cerises
- rose de gingembre confit
- maki au saumon en forme de cœur (à améliorer, le maki cœur...)
- bonbons Haribo cœur

Compartiment de droite :

- sandwiches pain blanc-jambon de parme
- fleur de jambon de parme, pétales de fromage de chèvre
- cup de crème chantilly, framboises fraîches, cœurs en sucre

cup_framboises jambon

ginger tomates

makis

Ce n'est certainement pas mon bento le plus inspiré, mais je n'avais ni idée, ni temps. Ni Valentin, d'ailleurs.

Bento_St_valentin_2

 

Edit : avec 3% des voix, mon bento a été battu à plate couture (une concurrente a gagné haut la main avec une très jolie création)

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25 février 2011

Bon + bon = super bon

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Avec un tout petit peu d'avance, aujourd'hui, mes collègues m'ont souhaité Joyeux anniversaire. Et comme cadeau, un livre pour noter mes recettes, un paquet d'amandes au chocolat (que j'ai déjà presque fini) et une petite corbeille de douceurs hongroises faites maison. Pas très présentables, certes, mais absolument délicieuses, combinant tout ce que j'aime : le chocolat, les fruits secs, le marzipan et la palinka.

Pour faire ces merveilles, il suffit de prendre du marzipan (pâte d'amande) et de l'imbiber de palinka. Fourrer des fruits secs avec le marzipan à la palinka et tremper dans du chocolat préalablement fondu au bain-marie.
Une vraie tuerie qui se mange sans faim.

Pour remplacer la palinka, n'importe quelle eau de vie ou du Cointreau, du Grand-Marnier, peut faire l'affaire. Mais la classe ultime consiste à assortir la palinka aux fruits secs choisis.

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On remarquera au passage sur les photos ma nouvelle nappe : ma dévotion n'a plus de limite. Cette semaine, je suis allée dans un magasin de vaisselle et j'ai choisi de la vaisselle et une nappe en fonction de ce que j'aurais aimé voir sur le blog. Qu'est ce que je ne ferais pas pour toi, lecteur.
PS : je veux bien des coquetiers, pour mon anniversaire, si quelqu'un a envie de me faire un cadeau :)

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17 février 2011

1000 façons de rater des macarons (par amour, ou pas)

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Il y a quelques temps (un an et demi, déjà), je vous annonçais en vraie fanfaronne que les macarons, c'est finger in the nose, que y a pas besoin d'avoir 30 000 accessoires pour les faire et que franchement, on en fait tout un plat alors que c'est quand même un peu à la portée d'un enfant de 6 ans. Bon, alors j'ai dit ça dans une période de félicité totale où le monde me souriait, les oiseaux chantaient et où nous marchions gaiement sur des arcs-en-ciel en chantant l'île aux enfants.

Certes, depuis, j'ai gagné en équipement, Kiki est là pour me faire de beaux blancs en neige et ma poche à douille, que j'aime tellement que je pourrais dormir avec, fait des merveilles. Mais en fait, ça n'est pas tout. Si le charme est rompu, c'est mort, et en l'occurrence, pour moi, la lune de miel avec les macarons est terminée.
Ceci me permet une transition minable pour vous présenter un petit florilège de copies de mes élèves sur le sujet "faites un déclaration d'amour à l'occasion de la saint-Valentin". Le sujet a transformé subitement les mâles de la classe, déjà peu enclins à la communication, en êtres amorphes à l'expression orale laconique, tandis que les filles sont soudainement devenues des groupies hystériques poussant de petits cris parmi lesquels on pouvait reconnaître des mots comme bijoux, fleurs, mon lapin, champagne, romantique et cœurs.
Ainsi, Tina s'écrit "Mon chéri, Quand je te vois, mon cœur battre ardentement". Agi opte pour les métaphores culinaires avec un superbe "Tu est ma mousse au chocolat. Nos cœurs sont fondu ensemble [...] Tu est mon damnation." Quant à Annamaria, elle passe aux menaces avec un sublime "Si je te perd, je piquerais un écroulement du système nerveux".
Avec un sens de la formule beaucoup plus lapidaire, Péter propose "Tu est le plus belle fille dans le monde. Je m'appelle Bond. James Bond." (malheureusement, le garçon en question n'a pas grand chose de Daniel Craig). Enfin, Attila, qui se repose visiblement un peu trop sur son prénom pour la conquête de ces dames, propose : "Tu est mon la mieu fille. Tu est mon chérie. Tu est xhufagfgf (incompréhensible)."
Bon, voilà pour le discours sur l'état de l'amour.

De mon côté, je ne suis pas amoureuse et pourtant, je rate tout ce que je cuisine. La faute à une malédiction relative à un pendentif en forme de hibou utilisé pour la magie noire et dont il faudra que je vous parle (âmes sensibles, s'abstenir).
Bref, donc j'ai raté pas mal de plats ces derniers temps, et notamment des macarons. A l'origine, cet article devait s'appeler "en manque de chinois" pour vous faire croire que les Chinois me manquaient alors que c'était en fait une subtile référence à un dessin de Guillaume Long. Parce que moi, jusqu'ici, je pensais que le fait de tamiser avec un chinois ou une passoire fine le mélange de poudre d'amande et de sucre glace, c'était un peu un luxe, un truc qu'on fait pour que ce soit parfait et obtenir les plus beaux macarons de la création. Eh bien en fait non : la poudre d'amande, si on ne la tamise pas, ça fait vraiment des petits grumeaux horribles. Hors qui dit grumeaux horribles dit poche à douille fine bouchée, impossibilité à former des macarons (les bouts d'amande obstruent la poche à douille, si on appuie très fort, ça sort d'un coup, si on n'appuie pas beaucoup, ça ne sort pas). Et changer de douille une fois que toute la pâte est dans la poche, franchement, c'est gore.
J'ai également eu quelques légers problèmes de cuisson dûs au fait que le sélecteur de mon four ne porte aucune inscription et que j'ai donc dû faire une fournée test à chaque cran du sélecteur. J'ai fini par trouver le mode qu'il faut, mais franchement, certaines fournées n'étaient pas belles (les "cuites seulement en haut" ou "cuites seulement en bas" ou "mode grill" par exemple...) Évitez donc de faire des macarons dans le four du voisin ou dans un four inconnu (ou dans mon four, tiens) si vous voulez maitriser la cuisson. Ah, et mauvaise idée aussi, se dire qu'on va aller lancer une lessive/écrire un mail/lire une peu/passer un coup de fil/faire une micro sieste pendant que les macarons cuisent. Douze minutes, c'est court, et il vaut mieux surveiller régulièrement la cuisson pour éventuellement monter ou descendre la plaque en cours de cuisson ou baisser le thermostat. Vous l'aurez compris, j'ai une malheureuse tendance à faire plusieurs choses en même temps (et généralement tout à moitié).
Enfin, j'ai fait une grande découverte liée au fait que je n'arrive pas à trouver d'amandes en poudre à Budapest. Même chez Culinaris, le temple de la nourriture et ma résidence secondaire, il est très rare d'en trouver. J'ai vu beaucoup de sachets de noix en poudre et déjà sucrées, mais ça ne me tente pas d'essayer avec. Donc je me suis dit que pour avoir des amandes en poudre, il fallait mixer des amandes, et c'est donc ce que j'ai fait avec des amandes effilées. Malheureusement, c'est un poil plus compliqué que ça, et figurez vous que quand on mixe des amandes, ça ne fait pas des amandes en poudre mais de la pâte d'amande. Et essayez un peu de faire des macarons avec de la pâte d'amande, vous allez rigoler (ou pas). Dernier espoir qu'il me reste, essayer de mixer les amandes une fois qu'elles sont déjà mélangées au sucre glace, pour ne pas obtenir une pâte (mais vu la taille de mon mixer, cette opération va prendre un bon moment).
Avec ma pâte d'amande effritée, j'ai obtenu une pâte pleine de grumeaux et qui refusait de passer par la douille de la poche, j'ai donc utilisé une douille géante pour choux à la crème et ça a fait de gros macarons boursoufflés. J'ai quand même sauté de joie quand j'ai vu la collerette se former, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vue celle-là.
Comme je n'ai plus de colorant rouge, je suis désormais dans une période jaune, et j'ai donc réalisé des macarons au lemon curd en cuisinant avec une très chouette fille qui joue bien au volley ball, porte de jolies bottes et est allergique aux chats.
La recette du lemon curd, je vous le donne en mille, je l'ai trouvée chez Loukoum°°°, et c'était parfait. La chouette fille et moi l'avons fini sur du pain en l'étalant en grosses couches, et c'était un délice.

Ingrédients :
- 4 citrons
- 1 cs de maïzena.
- 150g de sucre
- 3 œufs

Prélever le zestes des citrons préalablement lavés à l'eau chaude et essuyés.
Mettre dans une casserole les zestes et le jus des citrons pressés, délayer la maïzena et ajouter le sucre.
Remuer au fouet sur feu doux.
Dans un bol, battre les œufs et les ajouter à la préparation dans la casserole sans cesser de fouetter. A partir de ce moment il ne faut pas cesser de battre la préparation. Augmenter le feu et fouetter jusqu’à ce que ça épaississe.

Ces macarons, bien que forts moches, étaient délicieux et ont fait très plaisir à une classe d'élèves de français qui a un chouette prof. Moi je dis, le français, ça passe avant tout par l'estomac.

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07 février 2011

Les lapins sortent aussi des paniers en bambous

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Les gars, vous ne le savez peut-être pas, mais on vient d'entrer dans l'année du lapin. Ou du lièvre. Ou du chat, c'est selon. D'après ce qu'en disent les médias spécialisés, ce sera une année chargée en sorties mondaines, en socialisations de toutes sortes, en Ferrero Rocher et en bonnes bouffes entre amis. Tant mieux, ça signifie qu'il y aura de la cuisine à gogo (c'est mal barré, ça faisait un mois que je n'avais pas posté de recette, vous avez remarqué ?) Ne refusez pas ces sorties, c'est le lapin-lièvre-chat qui vous les offre, et elle ne vous apporteront que de bonnes choses.

2011 en version calendrier chinois sera aussi une année artistique, où il faudra s'adonner à la peinture, au chant, à la poésie et à l'écriture. Le lapin précise que si vous n'êtes pas doués, ce n'est pas très grave, ça ne s'améliorera pas particulièrement en 2011 mais c'est quand même le moment de s'y mettre. Je précise que la cuisine est un art, et le bento aussi, alors foncez.

Enfin, le lapin-lièvre-chat, c'est l'animal de la justice, et il fera de cette année le règne du droit. Du coup, il y a une chance pour que la loi hongroise sur les médias soit abolie et que la Chine devienne une démocratie. 2011, année de tous les possibles !

Avant d'en arriver là, il a fallu fêter dignement le nouvel an chinois, et comme j'avais une bonne vieille grippe de l'hiver, j'ai fait ça en duo avec une chouette fille aussi novice que moi en matière d'emballage de baozi et qui n'a pas peur des microbes.

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Bouh, qu'ils sont moches ! Mais qu'ils sont bons !

Pour la pâte, j'ai pris la recette de Mingou, avec les supers explications et même les petites vidéos pour apprendre à les emballer.

- 500g de farine blanche
- 10 g de sucre
- 21 g de levure fraîche de boulanger
- 25 cl d'eau environ

Pour la farce, j'ai utilisé la même recette que pour les jiaozi :

- 1 petit morceau de gingembre
- 1 poireau
- un gros bouquet de ciboulette chinoise
- 350 g de porc maigre haché
- 1 cs de vin de riz
- 2 cs de sauce de soja
- 2 cc de vinaigre de riz brun
- 1 cs d'huile de sésame

- sel

Dans grand saladier ou la cuve du KitchenAid, mélanger le sucre et la farine.
Diluer la levure dans un peu d'eau, et verser dans le saladier.
Commencer à mélanger en ajoutant le reste d'eau au fur et à mesure.
Sortir la moitié du pâton et pétrir énergiquement 5 minutes sur un plan de travail fariné. Remettre dans le saladier. Faire de même avec l'autre moitié.

 

Couvrir avec un torchon humide et laisser reposer 2 heures environ. Le pâton doit doubler de volume.

Sortir la moitié du pâton, et pétrir de nouveau vigoureusement pendant 5 minutes. Former un long boudin (de 3-4 cm de diamètre).
Prélever de petits morceaux de pâte et les poser sur le plan de travail fariné. Aplatir les morceaux de pâte avec la paume de la main. Former des galettes en applatissant la pâte avec la paume de la main sans utiliser de rouleau à pâtisserie. Déposer une peu de farce au centre de la pâte et refermer avec la technique imparable de papa Mingou, ou bien, comme moi, faites comme vous pouvez.

Déposer les baozi sur du papier sulfurisé et laisser reposer.
Déposer dans un panier en bambou en conservant le papier sulfurisé et cuire 10 minutes.

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Variantes de l'Ingrédient manquant : 

- sans panier en bambou : tout le monde n'a pas un panier en bambou à disposition, ce qui est fort dommage bien sûr, mais c'est la vie. Je n'ai pas testé la cocotte minute, mais j'ai expérimenté avec une vieille grille posée sur une marmite et entourée de papier d'alu. Ne cherchez pas à tout prix à bricoler quelque chose d'hermétique, ce n'est pas le but. Si vous n'avez pas de couvercle, laissez cuire quelques minutes de plus.

- sans avoir la technique : l'emballage de baozi est plus compliqué qu'il n'y parait. Je précise quand même que ceux qui sont en photo sont les plus moches. Et aussi que ceux qui ont beaucoup attendu ont perdu leur forme et se sont transformés en boulettes.
- avec une grosse flemme de pétrir : j'ai tout fait au KitchenAid, je l'ai laissé pétrir pendant que je buvais du sirop pour la toux et que je crachais mes poumons, et il a très bien compris que je n'étais pas en état de mettre la main à la pâte. Du coup, c'était parfait. I (heart) Kiki, vous l'aurez compris.

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Pendant que nous emballions des baozi, le chat en a profité pour uriner sur le manteau de la pauvre Bénédicte qui bravait les microbe pour manger avec moi. L'année du chat commence bien !

N'oubliez pas que désormais, vous pouvez suivre l'Ingrédient manquant sur sa page fan Facebook !

Bonne année du lapin à vous tous !

Posté par MaRong à 13:56 - Sans les bons ustensiles - Commentaires [5] - Permalien [#]
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08 janvier 2011

Entre les deux mon coeur balance : galettes des rois tardives pour élèves désenchantés

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Aujourd'hui, nous allons apprendre comment faire 4 galettes des rois quand on n'a pas beaucoup d'œufs, pas de gros sucre et pas de pâte feuilletée, tout en s'y prenant à 20h30 pour le lendemain 9h, le tout en rédigeant une fiche pédagogique sur l'Épiphanie. Et si tu te demande à quoi cela va bien te servir, Lecteur, la réponse est "à rien, je pense qu'il n'y a que moi pour me mettre dans une situation pareille". Et donc pour éviter que tu passes ton chemin, comme d'habitude, je vais d'abord te raconter un peu ma vie avant de t'expliquer ces divines recettes.

Car les amis : l'heure est grave. En 2094, nous ne mangerons plus à la maison, mais nous irons systématiquement au restaurant. Nous mangerons des plats en sachets qui contiendront tous les nutriments dont nous avons besoin et notre nourriture ne sera plus naturelle. Ce sont mes élèves qui me l'ont dit lors d'une activité sur leur vision du futur. J'avais choisi la date de 2094 au pif, mais j'ai tapé dans le mille, mes élèves sont justement nés en 1994. Blam, dans ta gueule le coup de vieux, MaRong. Donc en 2094, âge auquel mes élèves seront peut-être encore en vie mais moi certainement plus, nous porterons aussi des vêtements high-tech et en métal (ah super, le progrès, on va tous ressembler à Lady Gaga). Nous aurons des voitures volantes et des téléphones supersoniques, et peut-être qu'à Budapest la ligne 4 du métro sera enfin terminée (optimistes les élèves). Sinon, côté environnement, ça va être la merde : la pollution va augmenter, les forêts disparaître, la population ne tiendra plus sur une seule planète mais nous ne pourrons pas en habiter d'autres (va savoir pourquoi). Paradoxalement, ces catastrophes écologiques surviendront alors que toutes nos sources d'énergie seront propres (spéciale cass'dédi à Szabi qui prononce "énergie du vin" à la place de "énergie du vent", un vrai  lapsus hongrois). Enfin, à l'école, les professeurs seront remplacés par des robots, ou par des cours sur Internet ou par télépathie qui éviteront d'avoir à se déplacer mais qui auront pour inconvénient de nous sucrer tous nos amis. Heureusement que je ne serai plus là, finalement, car si en plus de perdre mon job je n'ai personne avec qui aller au restaurant, ça va être morne.

Pour ces bambins désenchantés, j'ai fait de la galette des rois, j'ai expliqué l'Epiphanie et fait comparer les saveurs de Paris avec celles de Provence. La Frangipane a gagné haut la main, ce qui est curieux, parce que franchement, ma brioche tabassait tout, je n'en avais jamais mangé une aussi bonne (sans rire).

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Normalement, pour faire de la brioche, il faut pas mal d'œufs, mais il se trouve que j'ai réalisé bien trop tard que je n'en avais plus que 6. Or j'étais partie sur une base de 1 kg de farine et 10 œufs rien que pour les brioches, et j'ai donc dû revoir mes espoirs à la baisse. J'ai abandonné toutes mes recettes pour chercher quelque chose qui comporte moins d'œufs, et je suis tombée sur cette recette qui ne paye pas de mine mais qui a été bien efficace.
J'avais prévu de ne pas mettre le lien vers cette recette, mais après relecture, je trouve que l'échange épistolaire qui y figure est  absolument délicieux puisque gloria104 répond à juliadam en lui donnant la recette (jusqu'ici tout va bien), puis que jtm31 (pseudo collector) vient s'en mêler avec une question pertinente d'ingrédient manquant mais écrite avec les dents : "je veux me servir de la levure en sachet pouvez vous me donné la dose que je doit mettre", sans merci ni merde. Un jour je vous parlerai des requêtes Google qui permettent d'arriver jusqu'à mon blog et auxquelles j'ai accès sur mon interface Canalblog et vous verrez que jtm31 fait partie de la grande famille des gens à qui il manque des doigts ou qui ont un clavier Fisherprice et qui ne savent pas émettre une requête à l'aide d'un ordinateur. Surtout que, la pauvre, j'espère qu'elle a trouvé une réponse ailleurs, parce que le seul message qui suit est celui de juliadam qui s'exclame : "Je suis moi même du sud, de Bordeaux précisémment !" (sic). Pour ceux qui ne le savent pas, à Aix-en-Provence, on considère que le nord commence au dessus d'Avignon, alors Bordeaux, laissez-moi rire.

Bref, toujours est-il que la recette est vraiment pas mal.

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Ingrédients :

350 g farine
2 œufs
75 g beurre
75 g sucre
15 g levure de boulanger
5 g rhum
2 g vanille liquide
1/4 de zestes de citron
15 g de fleur d'oranger
40 g d'eau
1 cc de sel

Faire fondre dans une casserole le beurre, le sucre, l'eau de fleur doranger, l'eau, le citron, le rhum et la vanille puis laisser refroidir.

Faire un puits au milieu de la farine et y ajouter le sel, les oeufs, la levure diluée dans un peu d'eau tiède et un peu du sirop précédent et pétrir jusquà ce que la pâte se décolle des bords. Verser ensuite le sirop petit à petit tout en pétrissant en évitant que la pâte ne chauffe.

Laisser reposer la pâte 1h à température ambiante, puis dégazer et laisser lever une heure de plus.
Laisser ensuite reposer une nuit au réfrigérateur.
Façonner ensuite la brioche en forme de couronne, insérer la fève et le sujet et laisser lever 1h. Dorer à l'œuf et enfourner à 200°C jusqu'à ce que la galette soit bien dorée (environ 20-25 minutes).
J'ai aussi fait un sirop avec 50 g de sucre et un peu d'eau pour faire tenir les fruits confits et le sucre et donner ce côté pégueux qui colle aux doigts à ma brioche (heu...)

Franchement, c'était une tuerie, et je reprendrai certainement cette recette pour faire de la brioche classique.

Pour la Frangipane, j'ai utilisé une recette fond de tiroir de ma maman (je comptais sur une recette de ma grand-mère, valeur sûre universelle, mais elle ne l'a point retrouvée) qui s'est avérée correcte (mais la pâte aurait pu être plus crémeuse et elle contient vraiment beaucoup de beurre à mon goût).

Pour la frangipane :

Ingrédients :
2 fonds de tarte pâte feuilletée
125 g de poudre d'amande
125 g de sucre en Poudre
125 g de beurre fondu
2 œufs
2 cs de rhum

Préchauffer le four à 220°C.

Mélanger poudre d'amande, le sucre en poudre et le beurre fondu et faire une pâte homogène. Y ajouter les œufs puis le rhum. Étaler les pâtes, en poser une sur un plat et la badigeonner avec la préparation sans atteindre le bond de la pâte. Humecter les bords avec de l'eau puis recouvrir de la deuxième pâte. Souder bord à bord correctement. Quadriller avec un couteau ou une fourchette, glacer le dessus avec le jaune d'œuf. Ne pas oublier de mettre les sujets !
Enfourner le temps que la pâte dore en baissant la température dès qu'elle gonfle.

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Variantes de l'Ingrédient manquant : 

- il faut que je vous raconte un truc : j'ai utilisé ma feuille en silicone achetée à Noël pour faire le biscuit Joconde. Et la feuille en silicone était un peu plus grande que la plaque, donc les bords rebiquaient. Et pendant la cuisson, la feuille a touché la résistance du four et s'est enflammée (avec de grandes flammes, et tout), et j'ai eu une galette un peu cuite au feu de bois (mais je l'ai sortie à temps, j'ai arrosé à coup de verres d'eau en poussant de petits cris, j'ai découpé le silicone, et c'était reparti). Le plus embêtant a été de devoir nettoyer le mur noir à coup de Cif et d'huile de coude (mais quand même, c'était  hyper dangereux le truc des flammes).

- pour la galette provençale, j'ai ramené les fruits confits de France parce que je me disais bien que je n'en trouverais pas en Hongrie. Mais de toutes façons, c'est pour faire joli et personne n'aime ça. J'étais un peu vexée de voir que les élèves les ont presque tous laissés de côté, mais en fait je me suis souvenue que je faisais la même chose jusqu'à il y a quelques années (ou alors je les glissais dans l'assiette de mon papa). Donc zappez-les s'ils vous embêtent et remplacez par un truc coloré quelconque (pourquoi pas des fruits frais ?)

- pas de pâte feuilletée dans votre supermarché ? Faites-la vous-même ! Je vous en avais déjà parlé . Mais s'il est 14h passées, reportez-vous au paragraphe suivant.

- pas le temps ? Filez à la boulangerie et achetez une galette toute faite. Ou séchez les cours ce jour-là. Ou cachez-vous sous le canapé. Ou prétextez que vous avez oublié. Mais franchement, faire de la pâte feuilletée jusqu'à deux heures du matin et mettre le réveil à 6h pour pétrir la brioche, c'était ultra débile comme idée. Et j'ai mis 10 jours à m'en remettre (coup de vieux #2).

- pas de gros sucre ? on s'en passe. J'ai trouvé un truc hybride pour coffee lovers (sans blague) qui est une cassonade géante et ça a fait l'affaire, mais si vous avez des déco sympa pour la brioche, je pense que ce n'est pas utile (c'est pas non plus comme si y avait pas assez de sucre dans la brioche).

- sans Kiki : vous pétrissez la brioche à la main ? Mouais, moi je dis que c'est jouable. Peut-être pas à 6h du matin, non, mais franchement, à l'époque sombre et triste où je vivais encore sans Kitchen Aid, je l'aurais fait.  Mais mon robot d'amour a pétri vraiment très longtemps, donc prévoyez votre soirée si vous le faite à l'huile de coude.

- sans moule : je ne sais pas bien comment on fait pour que la brioche garde une belle forme de couronne à la cuisson. Dans ma première version, j'avais fait un large trou au centre, mais en gonflant, il a presque disparu. Dans la seconde version, j'ai mis un mini cercle à pâtisserie au centre de la galette et le trou est resté bien rond, mais un peu artificiel du coup. Attention donc à faire une couronne très fine avec un très très large trou au milieu lors du façonnage pour bien conserver la forme une fois la brioche levée.


Pour finir, plein de post-scriptum (enfin, deux quoi) :

Le 1er PS pour vous dire que je suis citée sur le blog de Guillaume Long, mon idole (et que j'ai ainsi explosé les scores de visite de mon blog).

Le 2ème PS pour vous dire que le site internet que j'utilisais pour faire l'encadrement de mes photos et la petite incrustation "L'Ingrédient manquant" a subitement disparu de la toile. Si vous avez un outil en ligne pour faire ce boulot là, ou un tutoriel GIMP ou Photoshop pour les nuls, je suis preneuse... !

27 décembre 2010

La bûche de Noël de Madame Bricolage

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Ahhh, Noël ! Pour une fois, cette année, la période des fêtes ne m'a pas rendue cynique, elle m'a même rendue plutôt mièvre.

J'apprécie ces vacances, les retrouvailles avec les vrais amis (on perd les faux quand on déménage à l'étranger), les heures passées en cuisine, les matins où on se réveille même pas fatiguée et qu'avant de se lever, on tend le bras vers un bon roman que l'on lit une petite heure avant de mettre le premier pied à terre. J'ai aimé découvrir les nouveaux bébés de la famille, manger des canapés au saumon servis par une petite fille déguisée en princesse, raconter l'histoire du loup à un très joli petit garçon et voir que ma famille a le tact de ne pas me demander des nouvelles de l'homme qui est parti avec les miettes de mon cœur (et ma caution, aussi). J'ai aimé le romarin fraîchement cueilli pour décorer une table de fête, les verres à pied anciens sortis du buffet, l'éternel débat pour savoir quels seront les 13 desserts de l'année, les duos avec ma maman (mais je suis une piètre soprane). Et puis le temps, même si cette année ne nous a pas autant gâtés que d'habitude, Aix-en-Provence reste un havre de douceur (sauf dans l'appartement où il fait très froid, mais c'est un autre débat).

J'ai découvert avec joie lors de l'ouverture des cadeaux que le Père Noël lit attentivement mon blog et contribue à réduire le nombre d'ustensiles manquants. Avec ma maryse, mon pinceau et mon cul-de-poule flambant neufs, j'ai eu envie de me remettre aux fourneaux illico.

J'ai ramené quelques souvenirs de Budapest, notamment un chapelet de saucisses au paprika qui a parfumé tous mes vêtements suite à ses 30 heures d'attente dans ma valise. Et puis j'ai aussi recréé un sapin de Noël hongrois en décorant notre traditionnelle branche de pin d'Alep avec des sablés décorés et marqués du nom de chaque convive.

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J'ai repris la recette d'étoiles au citron de la semaine précédente, mais sans le citron, et j'ai ajouté un peu de cacao non sucré pour colorer les sablés. J'ai ensuite utilisé de la pâte à meringue pour faire les décorations grâce à une poche à douille très fine. La fragilité de ces sablés ne les rend pas très maniables, donc il faut penser à en faire en rab' en cas de casse. Il faut aussi penser à les perforer avec un cure-dent avant la cuisson et à reformer le trou très délicatement après la cuisson.

Pour la pâte à meringues (trouvée chez Marmiton) :

- 4 blancs d'œufs
- 250 g de sucre

Battre les blancs en neige ferme avec quelques gouttes de jus de citron. Ajouter le sucre par petites quantités tout en continuant de battre.
Déposer immédiatement en tas sur une plaque de four recouverte de papier sulfurisé et cuire de 30 minutes et 1 heure à 120°C.
(J'ai fait mes meringues en plusieurs fois, j'ai fait attendre ma pâte, j'ai dressé à la poche à douille, et avec tout ça je n'ai eu aucun problème (mais c'est peut-être un coup de chance)).

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Et puis, le plaisir de Noël, c'est de pouvoir se livrer aux pires excès en matière de nourriture, exploser le budget, le temps passé en cuisine et le nombre de calories au compteur.
Pour ça, je me suis donc assuré l'exclusivité du dessert avec l'espoir secret d'échapper aux bûches glacées sans goût, aux bûches trop lourdes que l'on n'a plus la place de faire rentrer dans son estomac après le repas et aux desserts aux goûts improbables qui me plaisent bof (praliné, café, fruits inconnus). Valeur sûre (et amour éternel pour moi), c'est le chocolat et la framboise qui ont eu mes faveurs (malgré des pressions fraternelles pour que je choisisse la poire). J'ai glané à droite à gauche des recettes et empilé en un seul gâteau tout ce que j'aime tout en gardant une consistance légère, peu sucrée et très fruitée.

Je tenais absolument à un bavarois à la framboise, car les mousses de fruits sont toujours ce qui descend le mieux à la fin d'un repas, mais pour lui donner un vrai air de fête, j'ai repris l'idée de Loukoum°°° en réalisant un biscuit à rayures selon les conseils du Sot L'y laisse. Je ne copie pas ici la recette, la version en images du Sot L'y laisse est imbattable.

cigarette_chocolat

Cette recette est absolument parfaite si on la suit à la lettre. On peut donner libre court à son imagination pour la déco du gâteau. J'ai fait trois bûches, une à vaguelettes et deux à rayures diagonales, mais on peut aussi écrire, dessiner... au choix !  (dans ce cas attention, on utilise le verso de la pâte, donc il faut faire les motifs ou les lettres en miroir). Pour faire de belles rayures, le peigne est fortement conseillé. Pour la couleur, j'ai utilisé du colorant alimentaire pour le rose et du cacao pour le marron. En plus d'être belle, cette pâte est vraiment délicieuse.

Joconde

Pour le fond du gâteau, j'ai réalisé un feuilleté au chocolat sur le modèle du praliné feuilleté de Loukoum°°°. Elle utilise 350g de pralin en pâte et 150g de gavottes émiettées qu'elle mélange à 100g de chocolat au lait pour pâtisserie fondu au bain marie.De mon côté, j'ai utilisé du chocolat noir et j'ai remplacé une partie du praliné par de la purée d'amande (en magasins bio). Verser le mélanger dans votre cercle à pâtisserie entouré de feuilles de Rhodoïd, de préférence après avoir monté vos parois en biscuit Joconde (sinon il faut calculer de laisser un espace ou bien retailler le fond, et franchement c'est prise de tête).

J'ai ensuite fait une mousse au chocolat simple en mélangeant 450 g de chocolat noir fondu au bain marie à 10 blancs œufs montés en neige avec une pincée de sel. Cette recette sans sucre est parfaite à intégrer dans un gâteau comme celui-ci. J'ai ensuite incorporé à la mousse au chocolat une grande quantité de framboises entières (décongelées et égouttées). Pensez à soigneusement récupérer le jus des framboises qui décongèlent pour pourvoir réaliser un joli miroir aux framboises. Et ne mettez pas le bol contenant le jus de framboises trop près du bord, un accident est si vite arrivé.

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Meurtre à la cuillère...

Pour le bavarois aux framboises, dont j'ai piqué la recette chez Les mille et un délices, il vous faut :

- 400 g de framboises
- 150 g de sucre
- le jus d'1/2 citron
- 5 feuilles de gélatine
- 40 cl de crème liquide à 30%

Passer les framboises au presse-purée à grille fine pour retirer les pépins et obtenir un coulis. Chauffer la pulpe de framboises dans une casserole avec le sucre et le jus de citron.
Ajouter les feuilles de gélatine préalablement ramollies dans de l'eau froide et essorée puis laisser refroidir.
Monter la crème liquide en chantilly puis l'incorporer délicatement à la préparation aux framboises.

Et pour finir en beauté le gâteau : le miroir de framboise !

Il suffit de faire chauffer 100g de jus de framboises avec 35g de sucre et d'y ajouter 1 feuille de gélatine ou 2g d'agar-agar. Faire bouillir si agar-agar il y a, sinon, laisser simplement chauffer quelques instants, puis laisser tiédir avant de verser sur le gâteau. Réfrigérer au moins 1h avant de décorer.
Si vous n'avez pas récupéré le jus de framboise, vous pouvez aussi faire le miroir avec du coulis ou bien avec de la framboise écrasée, mais franchement, le miroir transparent et sans pépin a beaucoup de gueule, ça brille et c'est ultra classe.

Variantes de l'Ingrédient manquant : 

ustensiles

La bonne nouvelle, c'est qu'on peut faire un très joli gâteau qui en jette avec vraiment pas grand chose :

- sans four : à part la pâte à biscuit joconde, tout le reste du gâteau (fond en feuilleté chocolat, bavarois, mousse choco-fruits et miroir) est réalisable sans four. Et ça, c'est une bonne nouvelle !

- sans feuille de  cuisson en silicone : j'ai préféré investir en me faisant ce petit cadeau et parce que je ne voulais pas prendre de risque. Mais comme il me fallait plusieurs feuilles de cuisson, j'ai quand même dû utiliser du papier sulfurisé, et donc sachez que ça marche quand même. Le hic, c'est que le papier gondole quand on étale la pâte et que ça peut faire des petits défauts dans le biscuits (mais franchement ça passe).

- sans Kiki : ô tristesse ! J'ai dû laisser mon KitchenAid à Budapest (non, je ne m'amuse pas à me trimballer ses 12 kg dans mes bagages), eh ben franchement, il m'a manqué (le fouet qu'on tient à la main est fort fatiguant et fait perdre un temps précieux). Et si vous n'avez pas de fouets pour blancs en neige, changez tout de suite de recette et fuyez en courant, c'est mission impossible (sauf si vous avez dans votre cuisine des petits enfants venus de pays sous-développés que vous exploitez et qui feront ça à votre place).

- sans peigne de pâtisserie : la pâtisserie, c'est comme le bricolage. Donc n'hésitez pas à aller chercher dans vos boites à outils ce qu'il vous manque. Le peigne de pâtisserie a été remplacé chez moi par un peigne de carreleur tout bien nettoyé. On peut aussi remplacer la spatule par une truelle (mais vous faites bien la vaisselle avant, hein ?!)

- sans Rhodoïd : si vous n'avez pas de feuilles pour rétro-projecteur et que vous ne voulez pas acheter de Rhodoïd, je vous garantis que vous allez drôlement galérer. J'ai fait la bêtise de couler mon fond de feuilleté chocolat directement sur mon plat de service en non sur du Rhodoïd, et c'était une très très mauvaise idée car le chocolat a entièrement accroché et j'ai dû tout refondre et recommencer.

- sans gélatine : j'ai fait le bavarois avec de la gélatine et le miroir de framboises avec de l'agar-agar. L'effet est le même, il faut juste penser que la gélatine doit d'abord être ramollie dans l'eau froide avant d'être chauffée quelques instants dans la préparation tandis que l'agar-agar doit bouillir au minimum 30 seconde (et 5 minutes dans l'idéal). En tout cas, ne lésinez pas sur la quantité de gélatine, j'ai testé pour vous (une autre fois) le bavarois fond de placard avec juste quelques feuilles de gélatine, eh bien croyez moi, ça ne tient pas (ça fait semblant jusqu'à ce que vous coupiez le gâteau et qu'il vous déverse toute la mousse dessus à peine la première part servie).

- sans cercle à pâtisserie : je pensais que ce serait terriblement indispensable et que mon gâteau s'écroulerait dans la seconde sans cercle, mais je n'ai que très peu utilisé le mien finalement, et si le Rhodoïd est bien fixé, inutile d'ajouter le cercle. Du coup, c'est bon à savoir si comme moi, on a pas de "cercle" rectangulaire pour faire une forme de bûche... c'est pas grave ! On met son Rhodoïd en forme en le calant avec ce qu'on trouve (rien ne passera au four) et on coule les différentes couches du gâteau entre les plaques de biscuits Joconde calées dans le Rhodoïd. Que la vie est simple !

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Posté par MaRong à 10:15 - Sans les bons ustensiles - Commentaires [12] - Permalien [#]
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